Tu n'allais pas vraiment mieux aujourd'hui et j'ai dû appeler SOS médecins, notre généraliste ne se déplaçant plus à domicile.

Verdict : déshydratation importante et tachychardie, plus petite bronchite. Je m'en veux, car je sais que lundi je n'ai pas fait assez attention à la température qui montait et je ne t'ai pas fait assez boire. On t'a fait une prise de sang et, si les résultats sont trop mauvais, une hospitalisation est envisagée. Enfin, pas par moi, non, je ne saurais m'y résoudre que pour t'éviter une souffrance physique. Et encore ! J'ai vu ma tante âgée, ta soeur, hospitalisée dans un des "meilleurs services" de gériatrie de Paris et quasiment maltraitée, livrée à de multiples examens tandis que personne ne se souciait de soulager sa douleur ou de la faire boire et manger. Le plateau était posé devant elle et vogue la galère ! Je disais alors aux médecins " Quand vous trouverez enfin le diagnostic, elle ne sera plus là". Et ça a été le cas effectivement...

Alors non, je ne veux pas de ça pour toi. Je sais que ta vie ne tient qu'à un fil, mais je souhaite que tu restes ici jusqu'au dernier jour. J'espère de toutes mes forces que je n'aurai pas à m'opposer à la médecine. Je comprends qu'il soit du devoir du médecin de décréter une hospitalisation si c'est un besoin vital, mais je ne suis pas du tout sûre d'avoir l'obligation morale de m'y plier. Et l'obligation légale ? Je me pose des questions à ce sujet.

Je sais très bien ce que tu veux : finir tes jours en paix chez nous, auprès de moi. Et moi je suis là pour t'accompagner dans ce chemin-là, autant que je le pourrais.