Le médecin traitant est passé ce matin, enfin, et a prescrit des patchs de morphine, enfin ! Je pleure de soulagement et de frustration à la fois. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Pourquoi n'avoir pas anticipé la douleur qu'allait causer ton retour à la maison ? Pourquoi les médecins hospitaliers ne font-ils pas preuve de la même compassion que les médecins de famille ?

C'est la fin de ta souffrance, c'est la fin de mon combat pour te procurer un dernier chemin décent et même doux. Cela arrive au moment où tu n'es plus guère consciente, mais je sais que, même au fond de tes ténèbres, tu ne rencontreras plus la douleur. Je peux enfin consacrer toute mon attention à la douceur, aux dernières paroles, qui ne sont plus échanges, mais juste des mots tendres de la fille à la mère, un merci pour la vie donnée et pour tout l'amour reçu, pendant tant et tant d'années. Notre dernier chemin commun sera paisible, c'est une certitude qui m'emplit de réconfort. Maman, je t'aime !