C'était illusion de ma part que de croire enfin venu le temps d'un peu de douceur. Au fond de tes ténèbres, tu as continué aujourd'hui à souffrir et à le crier. Douleur pour toi et dure épreuve pour moi à tes côtés. Venait s'y ajouter une querelle médicale au sujet de la perfusion qu'il vaudrait mieux t'enlever ou te laisser. En plein désarroi, je recevais les arguments des uns et des autres, étant bien incapable de trancher, même pas d'avoir une opinion.

Tout ce que je peux faire, moi, c'est de remplir mon rôle de fille, c'est de prendre soin de ton corps souffrant, de t'humecter les lèvres, de te serrer les mains, de te masser délicatement le visage avec une crème onctueuse. C'est surtout de dire et de redire ce doux mot de "Maman", que bientôt je ne prononcerai plus autrement que dans mon coeur.