Il y a deux mois aujourd’hui que tu nous as quittés. Deux mois, c’était hier. Je suis encore à tes côtés, dévastée par ta douloureuse épreuve finale. Je suis pleine de colère envers le corps médical qui te traite comme un bouchon abandonné au gré des flots mauvais. Je tourne et retourne dans ma tête les avis qui divergent. Est-ce donc à moi de faire ces choix impossibles ? Toute à ma préoccupation, je laisse filer ces dernières heures avec toi, je ne t’entoure pas d’une présence suffisamment attentive. Et soudain, tu n’es plus là. Ta poitrine a cessé de se soulever difficilement tandis que tu allais chercher loin chaque douloureuse respiration. Soudain tout est calme dans la chambre, tes souffrances sont enfin arrivées à leur terme. Sur le moment, je ne peux être que soulagée, délivrée en même temps que toi, heureuse que le temps de la paix soit enfin venu pour toi.

Puis le dur chemin va commencer : intégrer ton absence, la vivre jour après jour, détail après détail. Espérer que tu es bien, enfin apaisée, et que tu as rejoint tous ceux qui te manquaient. Apprendre à vivre sans les mille gestes que je faisais pour toi, sans la douce caresse de ta main… Il y a deux mois déjà, et le chemin est encore très rude.