Cette après-midi, en route vers le Pôle Emploi, je suis passée devant "mon" lilas, celui qui, fidèlement, fleurit chaque printemps dans la rue que j'habite à Paris. Ce lilas en pleine ville est un petit bonheur de ma vie ; au moment de la floraison, je vais même jusqu'à me hausser sur la pointe des pieds pour fourrer mon nez dans ses grappes mauves délicieusement odorantes...

Or ce vaillant arbuste me réservait aujourd'hui une jolie surprise : de petits bourgeons encore serrés sur eux-mêmes habillaient ses branches ! J'en ai été absurdement heureuse, le coeur soudain dilaté d'allégresse, juste parce que ces bourgeons pointaient le bout de leur nez ! Le lilas, c'est un peu le symbole de mon enfance heureuse. Je conserve au fond de moi le souvenir de ces brassées somptueuses que tu cueillais dans notre jardin et des bouquets au parfum suave qui peuplaient notre maison au mois d'avril. Le lilas, c'est comme une connivence entre toi et moi, une passion que tu m'as léguée, ma Maman fée. Et ces bourgeons entrevus sont un germe de bonheur qui ne demande qu'un peu de temps pour s'épanouir.