Petite souris
L’un de tes plaisirs est d’aller dans la cuisine pour grignoter. Aux repas tu ne manges jamais beaucoup, mais peu de temps après tu as de nouveau faim, de jour comme de nuit. S’il m’arrive d’avoir une insomnie et que j’entrouvre ma porte, je te vois à des heures indues, furetant dans la cuisine allumée et j’entends le « pop » du pain remontant du grille-pain.
J’essaie d’avoir en réserve quelques gâteries pour combler tes petites faims, pour t’offrir de quoi grappiller selon ton bon plaisir et alimenter tes incursions régulières dans la cuisine. Longtemps tu as aimé grignoter des petits fromages ronds, ceux qui sont emballés dans un papier cellophane rutilant. Mais plus le temps coule, plus tu aimes le pain et le beurre, dont tu ferais bien ton quotidien.
Pour ton plaisir, il faut qu’il y ait toujours du pain à la maison, pas de la baguette, non, mais du pain de mie aux graines de céréales, celui qui a une si bonne odeur lorsque tu le fais griller. Il faut du beurre aussi, car le plaisir d’un toast est évidemment qu’il soit beurré. Ah comme tu le bichonnes ce beurre ! Tu passes de longs moment à l’arranger dans le beurrier, à l’aplanir, à le lisser. Je me suis parfois énervée contre cette habitude, moi je préfère le beurre en bloc bien net et facile à couper ! Mais tu effectues si sérieusement cette petite tâche d’égaliser le beurre dans son beurrier que j’ai fini par lâcher prise. Après tout, que m’importe vraiment la forme du beurre ?