Ma petite Maman, tu t'es éteinte ce matin, juste avant mon réveil, comme une délicatesse suprême de ta part, afin que que je te trouve encore tiède mais déjà partie dans l'Ailleurs infini.

Le temps de la vraie douceur est enfin venu pour toi, et étrangement pour moi aussi. Je suis seule dans la maison, je donne et reçois les nombreux coups de fil que suscitent ton départ, puis je viens faire une pause près de toi, dire les prières que tu as apprises jadis à mes lèvres d'enfant, toucher encore ton front désormais paisible, boire tout simplement un petit café à tes côtés et prononcer encore tout haut ces doux mots de "Maman, ma Maman que j'aime".